Madagascar : régression d’un quartier

Madagascar : régression d’un quartier

La dégringolade du prestige de son quartier d’Alarobia fait pleurer le propriétaire. Au bord de la belle descente autrefois calme mais conviviale, les maisons de style traditionnel ont perdu de leur charme.

Une image désolante

Elles sont désormais au second plan, derrière des échoppes de bois ou de tôles qui les défigurent totalement. La quasi-totalité de la rue est constituée de boutiques, épiceries, boucheries, gargotes de quatre ou six m², collées les unes aux autres. A se demander qui sont les clients quand tout le monde vend la même chose.
En fait, la valeur générale de la propriété ne baisse pas, compte tenu de l’augmentation du prix de l’immobilier à Antananarivo. Par contre, sa valeur relative plonge avec celle du quartier. La maison perd de son style et de son identité. Par la suite, la perte d’image du quartier en ont fait un quartier populaire. Les cadres moyens qui cherchaient à se loger par ici ont déserté le quartier, d’autant plus qu’il leur est impossible de garer leurs voitures au bord de la rue.

Une perte progressive de standing

Quand ce n’est pas une excroissance de la maison initiale, c’est une occupation du trottoir par un commerce de légumes, de fruits et de friperies qui vient dénaturer l’ensemble. Comme dans la plupart des quartiers, cela commence par une personne qui étale son petit tas de brèdes en prenant soin de laisser le passage. Au bout d’un mois, elle augmente son capital et vend en même temps quelques fruits. Un de ses proches vient s’installer à son côté pour étaler des légumes. Au bout de six mois, la devanture de la maison est complètement occupée. Si le propriétaire n’a pas réagi dès le début, puis fait mine de les déloger à ce moment, il s’expose à une vindicte populaire.

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