Le Territoire

Histoire

Histoire d’un territoire attractif

Avant tout agricole et industrielle, l’histoire du territoire de la Communauté de Communes Limagne d’Ennezat fait écho depuis toujours à celle de la Limagne.

Un paysage témoin de l’histoire

« Marais » et « Terre humide », telle serait l’interprétation de la notion de « Limagne », qui aurait la même racine que le mot « Léman ».
Le mauvais drainage des petites rivières s’écoulant difficilement sur une terre sans pente appréciable et la remontée de la nappe phréatique à la moindre pluie ont donné au territoire sa nature marécageuse. Durant des siècles, l’homme a travaillé à l’assèchement de ces terres, mais il a fallu attendre la première moitié du 20ème siècle pour le voir maîtrisé. Aujourd’hui, les champs sont bordés de rases profondes destinées à évacuer le trop plein des eaux.

L’idée plus large de « région fertile » et de « plaine » succède bientôt à celle de « marais ».
Bien que difficile à travailler, cette terre riche attire très tôt les populations. En témoignent l’habitat, sa forme très agglomérée, les villages serrés et la toponymie très ancienne (par exemple, la ville d’Ennezat).
Dès le 18ème siècle, la Limagne entre dans une ère de surpopulation : la densité est alors de plus de 100 personnes au km² dans la plaine des terres noires (120 habitants au km² aux Martres-sur-Morge et 93 à Saint-Laure ou à Saint-Beauzire). On travaille la terre à la bêche dans nombre de « petits biens » : la polyculture entretient de fortes densités jusqu’à la fin du 19ème siècle.

La Première Guerre Mondiale 1914-1918 ainsi que des conditions de travail toujours plus dures provoquent un fort dépeuplement de la Limagne. Avec une taille moyenne d’exploitation de 3 hectares, une propriété de 10 hectares passe presque pour un « petit domaine ». Conséquence de la guerre, le manque de main d’œuvre jeune pousse les agriculteurs à se tourner vers des solutions de facilité : le blé, l’herbe, l’élevage peu intensif. Dès le début du 20ème siècle, l’industrialisation pend corps à Clermont-Ferrand (le caoutchouc, puis l’aluminium et l’industrie automobile à partir de 1939). Les usines ont alors besoin de beaucoup de main d’œuvre et c’est essentiellement dans les campagnes de Limagne que l’industrie vient se fournir.

Une région qui a su se renouveler

S’engage une mini-révolution qui permet à l’agriculture de se maintenir puis de se développer. Acteur majeur de cette évolution profonde, la firme Limagrain incite au remembrement des terres et à la pratique de l’irrigation afin d’orienter l’agriculture vers l’intensif, notamment vers la culture du maïs. L’élevage est alors abandonné. Deux séries de refonte parcellaire (de 1950 à 1970 et ces dernières années) ont été mises en œuvre pour rationaliser la taille des exploitations.

Le paysage de la Limagne est le témoin de cette histoire : les haies qui autrefois bordaient les champs et pâturages ont presque totalement disparu du fait de leur coût d’entretien et des pratiques agricoles modernes. Celles qui subsistent forment une auréole autour des villages et ne longent guère plus que les routes. Les haies, nécessaires à la conservation de l’identité paysagère de la région, présentent un intérêt écologique de sauvegarde de nombreuses espèces animales ou végétales. Des campagnes de sensibilisation sont lancées et visent à leur réimplantation.

Hier attractif pour sa terre fertile, le territoire de la Communauté de Communes a depuis su diversifier son activité (industries agro-alimentaires, industries classiques, recherche) et voit sa population augmenter depuis 1968… Des atouts renforcés par une situation stratégique aux portes de l’agglomération clermontoise.